Ateliers ORSONI

Reportage de Stef*

Dans une chaleur dantesque, trois ouvriers dansent tour à tour devant un large four.

Notre hôtesse nous prie de ne pas filmer en ces lieux seuls, car aujourd’hui les alchimistes de la maison Orsoni vont transformer le verre en or,

 «...maestria que ne possèdent pas encore les chinois ! La technique n’a pas changé, tout est toujours fait main comme il y a cent trente ans. Seul le gaz pour la chauffe des fours est venu remplacer le charbon ».

Enroulée à l’extrémité d’une longue canne creuse, une pelotte de pâte de verre en fusion rougeoie, se recroqueville, se liquéfie se rassemble et se love sous la rotation méthodique imprimée par le poignet du maître-verrier.

De l’air sous pression est ensuite insufflé dans la boule de verre élastique jusqu’à l’obtention d’une transparente baudruche de cristal oblongue (50cm de long, 20cm de diamètre).

D’un léger geste sec, la délicate bulle de verre est ensuite décollée de la canne pour être couchée à même le sol dans la pièce voisine, attendant de refroidir avec une vingtaine de ses semblables alignées côte à côte sur deux rangées.

 

 

Dans cette seconde chambre, quatre jeunes filles adossées au mur opposé et trois autres sur l’aile droite se partagent le travail.
Assises sur de basses chaises cannées, elles me rappellent les "impiraresse" de John Singer Sargent.

Une ouvrière protégée par d’épaisses moufles s’empare d’une des bulles et à l’aide d’un court marteau la brise avec précaution en plusieurs longs morceaux qui ondulent gracieusement tant est insignifiante la pellicule de verre.

Le silex d’une autre ouvrière chantourne ces bandes  en morceaux de quinze centimètres de côté. Acheminés dans un autre bâtiment,  les carrés transparents préalablement humidifiés à la vapeur d’eau  sont basculés individuellement sur une feuille d’or 24 carats aux dimensions plus petites    Vidéo-clip

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